Février 2021

Alors que Thierry et Inès étaient réputés pour leur calme et surtout leur bonne entente, de vives tensions perturbaient le quotidien du cabinet depuis plusieurs jours. Ces tensions étaient dues à des désaccords répétés concernant la posture à adopter vis-à-vis de l’Autorité de la Protection publique, et en particulier de son Directeur, Guillaume Signan.

La ligne de la Ministre était claire : tant que cette Autorité existait, il fallait faire avec et ménager son Directeur, qui avait atteint une large popularité et l’appui inconditionnel de l’Elysée. Tant pis s’il fallait pour cela ravaler un peu son égo et accepter de rogner sur certaines compétences. Harbageot quant à lui prônait le clash : la Constitution imposait une séparation des pouvoirs, les citoyens français n’avaient jamais voté pour qu’une Autorité opaque dirige la plupart des aspects de leur vie.

Car, dans les faits et malgré les discours rassurants des responsables politiques, la Protection publique continuait à centraliser une grande partie des pouvoirs. Outre la politique sanitaire, les fermetures et ouvertures d’établissements étaient soumis à son approbation, lui donnant un rôle économique décisif.

La façade technocratique de Signan était rassurante : le petit homme à lunettes ne ressemblait en rien à un dictateur et tout le monde était certain qu’il rendrait les pouvoirs qu’on lui avait confiés dès qu’on le lui demanderait. Mais pour l’instant, personne ne lui demandait rien et son administration fonctionnait en dehors de tout cadre juridique.

Ceci était d’autant plus perturbant que l’épidémie ne sévissait plus en France, ni même en Europe. Aucun cas n’avait été recensé au sein de la vaste zone, courant de l’Irlande aux confins de la Russie depuis plus de trois semaines. Les rares personnes qui avaient péri n’avaient pas eu de chance et la Protection publique avait joué son rôle au-delà de tout espoir.

Dans les faits, plus rien ne justifiait vraiment l’existence de cette étrange autorité. Harbageot, en bon serviteur d’Etat, ne supportait pas cette situation et ne comprenait pas qu’Inès ne soit pas plus virulente. Pour lui la situation était simple : cette administration ne pouvait justifier son existence que par la situation exceptionnelle qu’elle était censée gérer. Cette situation étant terminée, il devait en être de même de la Protection publique.

Harbageot finissait par en vouloir à Inès, son amie de trente ans. Pourquoi n’affirmait-elle pas davantage son opposition à Signan ? A force de renoncements, il ne resterait bientôt plus grand-chose du Ministère de la Santé. Raimbourg s’accrochait-elle à son poste, au mépris des citoyens et du bien public ?

*

Antoine prépara avec application son entretien pour un poste d’enseignant-chercheur à l’Université de Budapest. Il n’avait pas vraiment envisagé, originellement, d’aller à l’étranger mais le climat de Paris commençait à lui peser plus qu’il ne l’aurait imaginé.

Il avait donc postulé à cette offre, bien payée et assez attrayante. Son profil avait paru suffisamment intéressant pour que le Président de l’Université, lui-même, lui propose un entretien pour la semaine suivante. C’était bien plus d’égards que n’en avait jamais eu Antoine durant toute sa carrière d’étudiant puis de chercheur en France.

Très impressionné, il avait donc minutieusement préparé ce rendez-vous Skype, s’efforçant même d’apprendre quelques mots de Hongrois, bien que l’entretien se déroulât en anglais. Le Directeur lui fit une excellente impression : jeune, dynamique, il voulait attirer des chercheurs internationaux pour créer un pôle d’excellence en Hongrie. Il avait personnellement remarqué quelques articles d’Antoine et souhaitait vivement qu’il rejoigne son projet.

Antoine, après une heure d’échange, se vit offrir une offre ferme pour un poste début Septembre 2021. Le salaire, confortable, s’accompagnait d’un logement de fonction dans le centre-ville de Budapest. Il avait un mois pour se décider.

Son cœur approuva immédiatement : il voulait du neuf, quitter son pays, découvrir une nouvelle culture et rencontrer d’autres personnes. Mais il devait encore considérer certains aspects de sa vie, à commencer par sa relation avec Marion. Budapest n’était, certes, qu’à deux heures d’avion mais ils avaient passé l’âge des relations à distance. Rien de bon ne viendrait d’un tel éloignement.

Mais peut-être était-elle disposée à partir avec lui ? La Hongrie ne manquait pas d’associations d’aide aux personnes et Marion possédait une solide expérience. Surtout, elle paraissait depuis quelques semaines désabusée par son métier. Contrairement à ses collègues, qui se voyaient déjà gérer de lucratives affaires de reconstruction en Afrique ou en Asie, elle n’arrivait pas à spéculer sur les malheurs du monde ni à se projeter sur toutes les opportunités qu’il ne manquerait pas d’y avoir une fois l’épidémie passée.

*

Tous les arguments qu’il avait préparés pour tenter de convaincre Marion de partir avec lui ne lui étaient, maintenant, d’aucune utilité. Elle ne parvenait pas à s’arrêter de pleurer, nichée dans ses bras. Antoine ne pouvait rien dire pour apaiser sa peine : elle était rentrée chez elle dès qu’elle l’avait pu et il l’avait rejointe immédiatement.

Thierry Harbageot était mort. On l’avait retrouvé chez lui, affalé dans son canapé, visiblement foudroyé par une crise cardiaque. La réalité du décès avait été aussi brutale que son annonce, que Marion avait apprise par un communiqué laconique d’un délégué de l’Autorité de la protection publique.

Inès Raimbourg, dévastée, avait présenté sa démission du Gouvernement dans la foulée. Elle se sentait incapable de travailler dans ces conditions, il lui fallait prendre du recul.

Les choses s’étaient ensuite enchaînées de façon aussi déshumanisée que possible : à midi, la démission de Raimbourg ayant été officiellement acceptée par le Premier Ministre, Marion s’était retrouvée ipso facto au chômage. Des agents de la Protection publique étaient ensuite passés pour récupérer tous les dossiers, ordinateurs et clés USB. Les bureaux du Ministère furent vidés avec une impressionnante rapidité.

En fin d’après-midi, un communiqué de l’AFP annonça la démission d’Inès Raimbourg et le transfert « temporaire » des compétences du ministère de la Santé à l’Autorité de la Protection publique.

En une journée, Marion avait perdu son mentor et son emploi. Elle était incapable de se consoler, à peine de penser. Elle n’avait absolument jamais envisagé que Thierry puisse mourir si brutalement. Il n’était pas si âgé, n’avait pas de problèmes particuliers et prenait soin de lui. Et, alors que des millions de personnes à travers le Monde déployaient une énergie considérable pour ne pas mourir de la peste ; lui était mort dans son canapé, sans lutter.

*

Elle passa  plusieurs jours dans un état semi végétatif, ne parvenant plus à faire quoi que ce soit d’autre que regarder la télévision. Elle assistait, parfaitement indifférente, à l’effondrement du monde. L’Asie ne parvenait pas à contenir la peste, l’Amérique poursuivait son autodestruction et l’Afrique était à feu et à sang. Ces informations ne lui apportaient aucune émotion. Elle regardait les journaux télévisés  comme elle aurait regardé un mauvais blockbuster américain : avec curiosité mais sans intérêt. Elle voulait juste connaître la fin de l’histoire.

Antoine tentait de maintenir un semblant de bonne humeur auprès d’elle. Lui, après tout, avait de bonnes raisons pour aller bien : il était docteur, bientôt enseignant dans une prestigieuse université hongroise, était en couple avec quelqu’un qui lui correspondait parfaitement et il n’avait perdu aucun proche durant l’épidémie, laquelle était certainement en passe d’être maîtrisée. Il essayait autant qu’il le pouvait de compatir à la souffrance de sa copine mais, en réalité, sa vie n’avait jamais été aussi agréable.

Il n’avait pas encore parlé à Marion de cette offre à Budapest. Il ne voulait pas la mettre dans une situation inconfortable et l’inciter à faire des choix difficiles tant qu’elle n’aurait pas digéré le décès de son ancien patron. Mais il allait tout de même devoir lui exposer la situation car il avait répondu favorablement à cette offre.

Le décès de Thierry et ses conséquences l’avaient profondément marquée mais, après un mois de creux, elle considéra qu’il était temps de rebondir. Le Printemps arrivait, les jours se réchauffaient et il n’était plus question de rester sous son plaid toute la journée.

Ne connaissant rien des projets d’Antoine, elle se décida à chercher du travail à Paris en arpentant LinkedIn et les réseaux d’anciens élèves. La chose ne fut pas aussi facile qu’elle ne l’avait imaginée ; même si elle se savait plutôt privilégiée sur le marché du travail, elle n’avait plus l’habitude de devoir « se vendre ». Elle n’était même plus tout à fait sûre de savoir rédiger correctement un CV et n’avait aucune envie de faire-valoir des compétences qu’elle n’avait pas. En réalité, elle ne savait pas du tout vers quoi s’orienter.

C’est la raison pour laquelle, après de longues hésitations, elle décida d’écrire à Inès Raimbourg. En tant qu’ancienne Ministre, elle avait certainement dû retrouver une position confortable et serait de toute façon de bons conseils. De plus, elles ne s’étaient plus vues, ni même parlées, depuis l’enterrement de Thierry.

Malgré l’usage de toutes les politesses et rondeurs possibles, Marion regretta aussitôt d’avoir écrit à son ancienne Ministre. Raimbourg avait certainement bien d’autres choses à faire, qu’espérait-elle ? Pire, cette démarche pourrait même être contre-productive. En froissant Inès, elle s’était peut-être fermé des portes.

A sa grande surprise, Inès Raimbourg lui répondit en moins d’un quart d’heure :

  • Marion, êtes-vous disponible demain ? 10h au Café Français à Bastille.

*

Comme tous les matins depuis deux mois, Thomas alluma son ordinateur avec le sincère espoir de trouver une connexion Internet. Il était doué en  informatique, si un réseau Wi-fi émettait dans les parages, il était certain de pouvoir l’attraper.

Mais, encore une fois, son espoir fut déçu. Rien, pas même une minuscule barre de réseau qui aurait pu lui permettre d’envoyer un message à sa famille ou d’avoir des nouvelles de l’extérieur. Il se sentait totalement coincé dans son appartement, au 18ème étage d’une des nombreuses tours de Shanghai. Il l’était, d’ailleurs, dans une très large mesure.

Il vivait en Chine depuis près de cinq ans et travaillait pour une agence d’urbanisme locale. Il se sentait bien là-bas et son salaire confortable lui permettait de revenir en France suffisamment régulièrement. Il n’avait jamais vu aucun défaut à cette vie d’expatrié, se disant qu’à 27 ans, il avait encore un peu de temps avant de s’installer quelque part, en Chine, en France ou ailleurs. Son quotidien à Shanghai était plutôt agréable, son métier intéressant et il pouvait voyager facilement dans toute l’Asie.

Les choses s’étaient un considérablement compliquées depuis l’Eté dernier. La bronchite vietnamienne s’était très rapidement propagée à tout le continent, obligeant les autorités chinoises à restreindre drastiquement les déplacements dans le centre du pays. Depuis Shanghai, Thomas ne s’était pas rendu compte de grand-chose. L’épidémie ne lui paraissait pas vraiment plus proche que s’il avait vécu à Londres ou à New York. D’ailleurs, les nombreux Français qu’il côtoyait s’en étaient persuadés : seules les zones pauvres et reculées du pays souffriraient. Les grands pôles ultramodernes comme Shanghai n’avaient rien à craindre.

Tout cela avait changé brutalement, au mois de Novembre, lorsque l’OMS avait révélé la véritable nature du mal. Le pays se verrouilla alors, presque instantanément. Malgré les rumeurs, Thomas n’avait jamais cru que les Chinois mettraient en place un blocus total. Et pourtant, le lendemain de la conférence de la Professeur Ghindali, un message relayé par l’Ambassade France à Pékin avertit les ressortissants et voyageurs présents en Chine qu’il leur était impossible de quitter le pays et ce, pour une durée indéterminée. 

Il tenta alors de trouver des billets d’avion pour rejoindre la France ou, à défaut, quitter le pays. Mais aucun site, aucun comparateur ne fonctionnait. Avec quelques amis, il essaya même de se rendre à l’aéroport de Pudong, espérant sauter dans le premier avion. Mais l’aéroport lui-même était fermé, ceinturé de blindés et de militaires qui se firent extrêmement dissuasifs. Antoine se résolut alors à attendre que ces mesures soient levées. Après tout, Shanghai restait relativement sûre.

Mais la situation se dégrada avec l’arrivée de premiers cas de peste en ville. Il ne s’agissait que de rumeurs, de bruits, mais les défilés désormais incessants d’ambulances et de militaires en combinaisons hermétiques ne laissaient aucun doute. Tout se compliqua rapidement alors que les mesures de confinement se faisaient plus drastiques. La municipalité de Shanghai commença par limiter les déplacements au sein de certains quartiers. Puis, mi-décembre, il ne fut plus permis de sortir de chez soi. Les ravitaillements en nourriture étaient assurés par l’armée, immeuble par immeuble, appartement par appartement. Heureusement, les militaires mal payés étaient facilement corruptibles et il n’était pas compliqué de leur demander des extras : DVD, Livres, Alcool ou drogues en tous genres.

Ces dérivatifs s’avéraient nécessaires. Internet fonctionnait de plus en plus mal et la plupart des réseaux sociaux étaient bloqués. Il devint progressivement impossible de communiquer avec l’extérieur, d’avoir des nouvelles de gens qui habitaient à l’autre bout de la Terre ou au bout de la rue. Les autorités, voulant éviter la panique, favorisaient l’isolement.

Le couvre-feu était total et les rares contrevenants osant s’aventurant dehors sans autorisation étaient abattus.

Thomas n’avait plus d’autre occupation que de regarder la TV ou d’essayer compulsivement d’attraper une connexion Internet. Parfois, il passait ses journées les yeux collés à sa fenêtre, essayant de comprendre ce qu’il se passait autour de lui. Il n’y avait plus vraiment d’animation dehors, à part les blindés de militaires assurant le ravitaillement des habitants, les ambulances et les camions qui, selon lui, emportaient les cadavres en dehors de la ville.

Il attendait qu’on vienne le chercher, qu’on vienne le délivrer.

*

Alors que Raimbourg ne l’avait jamais stressée du temps du Ministère, Marion commençait à paniquer sérieusement en approchant du lieu de rendez-vous. Beaucoup d’émotions se mélangeaient, elle savait que revoir Inès lui rappellerait inévitablement Thierry. Elle essayait de se concentrer pour rester digne et ne pas s’effondrer dès qu’elle la verrait.

Lorsqu’elle arriva au Café, son ancienne Ministre était installée en terrasse. Elle avait les yeux dans le vague et les traits tirés, elle aussi avait dû passer plusieurs nuits sans sommeil.

Elles échangèrent les politesses d’usage et commandèrent deux verres de blanc, malgré l’heure matinale. Elles savaient toutes les deux qu’elles en avaient besoin. Marion ne savait pas trop comment aborder le sujet qui la préoccupait – son avenir professionnel. Inès ne semblait pas vraiment en mesure de pouvoir l’aider et davantage disposée à éclater en sanglots à tout instant.

Elle commençait à douter de l’utilité de sa démarche et cherchait déjà une excuse pour pouvoir s’éclipser poliment. Mais Inès voulait parler.

  • Marion, je suis très inquiète. Je ne sais pas trop à qui parler depuis la mort de Thierry… Je ne sais même pas si vous allez prendre au sérieux ce que je m’apprête à vous dire. Pourtant… C’est très important.

Vous allez certainement me prendre pour une folle mais je suis certaine que le pays court un grave danger. Ce Signan… est dangereux.

  • Il a l’air très ambitieux et arriviste effectivement…
  • Non ça n’est pas ça. L’ambition… on pourrait presque lui pardonner… Je crois qu’il y a pire. J’ai le sentiment qu’il n’est pas étranger à la mort de Thierry.

Marion ne savait plus si elle devait être terrifiée ou couper court aux propos de l’ancienne Ministre. Etait-elle sérieuse ? Envisageait-elle réellement qu’un haut fonctionnaire ait pu mettre en œuvre l’assassinat de l’un de ses collègues ? Inès Raimbourg avait-elle perdu la raison depuis sa mise à l’écart ? Etaient-ce l’aigreur et la rancune qui motivaient ses accusations ?

  • Comprenez-moi bien, je ne dis pas ça par colère. Je suis certaine que Signan joue un double jeu et qu’il n’est pas seul. Nous en parlions régulièrement avec Thierry et lui tenait à le confronter, comme vous le savez. J’étais plutôt partisane de jouer la carte de la collaboration, justement pour savoir jusqu’où il pouvait aller… J’ai été trop naïve, je ne pensais pas qu’ils iraient jusque-là.

Marion était tétanisée et ne savait pas si elle devait réagir et encore moins comment. Toutes ces informations lui paraissaient irréelles. Inès Raimbourg était donc en train de perdre l’esprit.

  • J’ai encore de bonnes relations à l’AP-HP et l’une d’entre elles m’a contacté la semaine dernière. Il m’a assuré qu’on l’avait forcé à rédiger le rapport d’autopsie de Thierry alors qu’il n’a même pas vu son cadavre. On lui a fait écrire au mot près ce rapport, en le menaçant de façon suffisamment convaincante. Il n’a pas voulu – ou pas pu – m’en dire plus.

Du coup… j’ai mené mon enquête. Thierry n’a pas pu mourir, comme ça, dans son canapé. Il a passé la nuit chez Léon, son compagnon et il n’y avait aucune raison pour qu’il repasse par chez lui. D’ailleurs, j’ai rencontré Léon qui m’a dit que Thierry était parti de chez lui à 7h30. Or, si j’ai bonne mémoire, on vous a annoncé son décès au Ministère à 8h30 non ? Tout ceci ne vous paraît pas extrêmement rapide ? Trop rapide ?

Avant même que Marion puisse enchaîner ou essayer de comprendre, Inès Raimbourg l’assomma d’une autre information.

  • Ensuite, et cela est peut-être plus grave encore Marion. La peste est revenue en Europe. Elle n’a jamais vraiment quitté le continent à vrai dire. L’Hiver et le froid l’ont juste ralenti, la bactérie n’aime pas les basses températures. Il n’y a jamais eu de remèdes et rien ne permet de croire que nous serons en mesure d’en trouver un prochainement. Ça, je le sais depuis longtemps. Je suis navré de vous avoir menti Marion. J’ai cru qu’il fallait.

Avant même que Marion ait pu réagir, Raimbourg, dans un même mouvement, déposa un billet de 20€ sur la table et se leva en enfilant son manteau. Alors qu’elle quittait le café, Marion eut la certitude que plus jamais elle ne verrait celle qui fut sa Ministre. Partagée entre l’effroi et la colère, elle resta seule face à son verre de blanc à demi entamé.

*

  • Encore une qui n’arrive pas à se faire à l’idée qu’elle s’est faite lourder…

Antoine ne voulait pas croire une seule seconde aux propos que Marion venait de lui rapporter. Cette histoire flairait trop le complot. Il pouvait accepter les malversations, les détournements et même les intimidations mais l’assassinat d’un Directeur de cabinet, commandité par un Haut fonctionnaire, lui paraissait trop fantaisiste. Même Marc n’y se serait pas égaré.

Marion non plus n’y croyait pas trop et en conclut que son ancienne Ministre devait traverser une mauvaise passe. Après tout, les derniers mois avaient été très éprouvants pour elle, elle avait contenu beaucoup d’attaques et subi une énorme pression. La mort de Thierry avait dû jouer comme l’élément déclencheur du burn-out. Il était normal qu’elle fasse une décompression.

Elle ne la contacta plus et se décida à chercher un emploi aussi éloigné que possible de la politique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :